6- Les trajectoires
Définition : C’est
la manière d’utiliser la largeur de voie/piste afin de négocier un
virage.
Les trajectoires sont au nombre de cinq :
- la trajectoire PNF (Programme National de Formation :
autoécole)
- la trajectoire pluie
- la trajectoire d’urgence
- la trajectoire instinctive
- la trajectoire idéale
La trajectoire PNF
consiste à bien garder la droite de la chaussée tout le long de la
conduite. Ainsi l’on restreint la voiture à se limiter au rayon
intérieur ou extérieur d’un virage selon qu’il tourne à droite ou à
gauche. De ce fait les contraintes sur les trains roulants sont plus
importantes que si l’on profitait de toute la largeur de la route.

La trajectoire
pluie est une trajectoire utilisée sur piste par temps pluvieux. Elle
permet d’éviter les zones « grasses » qui contiennent tous les résidus
de pneumatique. Elle se traduit souvent par une trajectoire
extérieure.

La trajectoire
d’urgence est la dernière chance que l’on à d’optimiser la largeur de
la piste si l’on se rend compte que l’on arrive beaucoup trop vite.
Sachant qu’une voiture à un potentiel de freinage optimal avec les
roues droite, cette trajectoire consiste à tirer la ligne droite la
plus longue possible en entrée de virage afin de pouvoir freiner au
maximum la voiture dans le but de réussir à tourner au bout si
possible, ou au moins de casser la vitesse avant la sortie de
piste/route.

La trajectoire
instinctive est celle que l’on va emprunter de manière naturelle.
Lorsque nous roulons et que nous voyons que ca tourne… on tourne… Et
l’on tourne toujours trop tôt. Ce qui à pour conséquence de réduire le
rayon du virage en rapport à ce que la route ou la piste nous
permettrait de faire. Le risque de cette trajectoire est qu’elle donne
l’impression que l’on peut entrer vite dans le virage. Mais toute la
vitesse (survitesse ?) en entrée de virage se paye pendant le virage
ou à la sortie. Si l’on rentre vraiment trop vite, la force centrifuge
va nous faire tirer tout droit (cf. transfert de charge). Si la
vitesse n’est pas démesurée tant et si bien que la voiture peut
tourner, c’est à la sortie du virage que l’on va se retrouver pousser
vers l’extérieur, ce qui nous empêchera d’accélérer (puisque l’on sera
obliger de conserver voire de rajouter de l’angle de braquage pour
garder la voiture sur la route, souvenez-vous qu’on ne peut accélérer
que si l’on peut dé-braquer)

Enfin la
trajectoire idéale… tout simplement idéale comme son nom l’indique.
Quelle est la
formule physique de la force centrifuge ?
Fc = (1/2 M V²) / R
Se lit : force
centrifuge = un demi de la masse de la voiture multiplié par le carré
de la vitesse, le tout divisé par le rayon du virage.
Qu’est ce que la
force centrifuge ? C’est la force qui tend à pousser tout corps en
mouvement de rotation vers l’extérieur de son centre de rotation
L’objectif est de
rendre la force centrifuge le plus faible possible afin de pouvoir
prendre son virage le plus rapidement possible. Quelles
solutions d’après la formule ? 1 – Réduire la masse. 2 – Réduire la
vitesse. 3 – Augmenter le rayon.
1ère
solution : réduction de la masse. Il est bien évident que la masse de
la voiture et fixe et que l’on ne peut pas la réduire avant chaque
entrée de virage.
2nde
solution : réduire la vitesse. Certes il est possible de réduire sa
vitesse afin de réduire les effets de la FC, ceci dit l’objectif en
sport auto est tout de même de passer le plus vite possible. Donc on
va également éviter de toucher au facteur vitesse.
Enfin 3ème
solution : augmenter le rayon du virage. On peut utiliser au maximum
la largeur de la piste ou de la route dans le but d’agrandir le plus
possible le rayon de son virage. Voyons tout d’abord les différents
types de virages existants.
« Virage » est un
terme générique mais il existe différentes sortes de virages qui sont
au nombre de 3 :
La courbe, le
virage lui-même et l’épingle. Qu’est ce qui différencie ses trois
virages ? Leur rayon de courbure.
La courbe est un
virage très rapide qui ne nécessite pas plus d’un huitième de tour de
volant.
Le virage prend le
relais à la courbe et nécessite environ un quart de tour de volant.
L’épingle
nécessite au moins un demi-tour de volant, elle peut se décliner aussi
en « épingle serrée » si l’on approche du tour complet de volant.
La trajectoire
idéale à emprunter va être fonction du rayon du virage. Et il va
falloir trouver le compromis entre le rayon le plus large qui existe
et la vitesse de sortie du virage. En effet il y à une notion crucial
de « sacrifice » qui est à intégrer : dans un virage, on en peut pas
entrer vite, passer vite et sortir vite (a cause de la FC), il y à un
choix à faire. Le choix est de sortir le plus vite possible. C’est la
vitesse de sortie d’un virage qui conditionne la vitesse de pointe en
bout de ligne droite. Il est donc impératif de sacrifier sa vitesse
d’entrée au profit de la vitesse de sortie, celle là même qui permet
d’abattre les chronos.
Une trajectoire
est définie selon trois points fictifs : le point de braquage, le
point de corde et le point de sortie.
Le point de
braquage est le point extérieur au virage à partir duquel on tourne
ses roues en direction du point de corde.
Le point de corde
est le nom que l’on donne au point de tangence de l’intérieur du
virage. C’est le point à partir duquel on commence à dé-braquer ses
roues en direction du point de sortie.
Le point de sortie
est celui situé à la sortie du virage à l’extérieur. C’est vers
celui-ci que l’on ré-accélére proportionnellement au dé-braquage des
roues.
Trois types de
virages mais deux sortes de trajectoires : la trajectoire à rayon
constant et la trajectoire à rayon variable.
La trajectoire à
rayon constant à un rayon… constant comme son nom l’indique.
C'est-à-dire que le rayon de courbure de la trajectoire est la même du
point du braquage jusqu’au point de sortie. La trajectoire à rayon
constant s’utilise uniquement dans une courbe (pour tous les schémas
qui suivent la zone rouge représente le freinage dégressif, la bleue
la vitesse constante et la verte l’accélération progressive) :

En automobile il
est plus sécurisant d’avoir une perte d’adhérence du train arrière que
du train avant. En effet le seul phénomène qui ne soit pas ou
extrêmement peu contrôlable en sport auto est le sous-virage. Donc il
est préférable d’avoir une voiture qui survire (preuve qu’elle tourne)
plutôt qu’une voiture qui tire tout droit. Le survirage se contrôle
sans trop de difficultés. Mais comme toujours il y à une exception et
cette exception est la courbe. Une courbe se négocie très rapidement
et à vitesse très rapide il est fortement déconseiller que l’arrière
décroche, non pas que cela ne soit pas contrôlable, mais le fait est
qu’a vive allure, la dérive du train arrière devient problématique
pour la trajectoire et se traduit quasi-systématiquement par une
sortie de piste. Explication : si l’arrière décroche, c’est parce
qu’il manque de charge. Pour rattraper un survirage il faut accélérer
afin de tasser l’arrière et récupérer l’adhérence perdu. Dans une
courbe on est quasiment à fond sinon à fond, donc pas la possibilité
de ré-accélérer. Il faut compenser uniquement au volant. Si l’on ne
contrebraque pas, c’est le tête-à-queue, si l’on contre braque on
élargie sa trajectoire et on se retrouve hors de la piste. Donc il est
impératif de charger le train arrière tout le long d’une courbe. (Vous
remarquerez dans que mon exemple je ne parle pas d’un survirage
entrainer par un patinage des roues arrières dû à un excès de gaz,
puisque celui, beaucoup plus rare en courbe, reste généralement
rattrapable). Pour conclure : la courbe est le seul type de virage ou
l’on a son pied droit sur l’accélérateur en vitesse constante au
moment ou l’on braque ses roues afin que l’attitude de son auto soit
la plus neutre possible. (Certains pilotes placent volontairement leur
auto en léger sous-virage afin de s’assurer que ce ne soit pas
l’arrière qui décroche).
En virage et en
épingle, cela se complique. La trajectoire à rayon constant est
faisable mais trop pénalisante pour la vitesse de sortie. Elle impose
un dé-braquage trop lent ce qui empêche d’accélérer suffisamment. Il
est donc nécessaire de trouver le compromis idéal. C’est ici
qu’intervient la trajectoire à rayon variable. Variable pourquoi ?
Parce qu’elle est composée de deux rayon différents. Un premier qui
relie le point de braquage au point de corde et un deuxième du point
de corde au point de sortie avec une interpolation entre les deux. Le
premier rayon est plus petit que le deuxième. Le premier nécessite un
freinage afin de faire tourner la voiture, le deuxième favorise un
dé-braquage rapide qui permet une forte accélération. Vous remarquerez
sur le schéma que l’on dé-braque plus tard dans un rayon variable que
dans un rayon constant (puisque le point de corde est retardé) mais de
manière bien plus rapide. En effet dans une trajectoire à rayon
variable, le point de corde ne se situe jamais au milieu géométrique
du virage (contrairement au rayon constant) mais plutôt aux deux-tiers.
Nota : Plus le
coefficient d’adhérence est faible (pluie, terre, neige, glace) plus
il faut garder les freins longtemps afin de faire tourner la voiture.
Sur sol glissant, si vous relâchez les freins trop tôt, la sanction
est immédiate : le train avant va ressortir est viser l’extérieur du
virage.
Comment évaluer sa
distance de freinage et savoir à quel moment freiner ? Quel est le
sens qui nous permet d’appréhender une situation en fonction de notre
vitesse ? Qu’est-ce qui va conditionner le placement notre auto sur la
piste ? Tout simplement le regard. (cf. chapitre suivant).
Ici deux
particularités : le virage qui s’ouvre et celui qui se referme.

Le virage qui
s’ouvre permet un braquage tôt, le point de corde vient se chercher
quasiment dès l’entrée du virage et l’on profite de l’ouverture de
celui-ci pour se laisser sortir progressivement tout le long. Le
virage qui s’ouvre permet de sortir très vite. Attention cependant au
dosage de l’accélération puisque les roues restent braquées longtemps.

A l’inverse, le
virage qui se referme nécessite une entrée tardive afin de conserver
un grand rayon le plus longtemps possible. Le point de corde est très
tard. Attention dans ce type de virage au freinage qui est encore
puissant lorsque l’on braque les roues voire qui peut débuter avec les
roues déjà braquées si la distance avant que le virage ne se resserre
est longue (on parle alors de freinage en appui).
Voyons maintenant
ce qui se passe lors d’un enchaînement de virages. La notion de
sacrifice vu précédemment est d’autant plus importante lorsque
plusieurs virages s’enchaînent. Peu importe le nombre de virages qui
se succèdent (2, 3, 5…) le principe demeure identique à savoir : on
privilègie toujours la sortie à l’entrée. C'est-à-dire que l’on va
sacrifier le ou les premiers virages afin de favoriser la trajectoire
idéale du dernier.

On peut constater sur ce schéma que
la sortie du premier virage est totalement occultée afin de permettre
la bonne trajectoire du deuxième. Cela oblige donc à rentrer encore
moins vite dans le premier, à braquer plus tard et à rester à
l’intérieur une fois la corde passée. Tout dépend aussi de la distance
qui sépare les deux virages. Si la distance est suffisante, on peut
entrer plus tôt dans le premier, élargir un peu à sa sortie pour
ensuite revenir se placer pour le deuxième virage.
1-
La position de conduite
2-
Les mains sur le volant
3-
Pied gauche et calage du corps
4-
Le freinage
5-
Notions de transfert de charge
6-
Les trajectoires
7-
La projection du regard
8-
Le double débrayage
9-
Le talon pointe
10-
Le sous-virage
11-
Le survirage
Par Kévin Gallmann